Interview de Sylvie Barbier, auteur de La bimbo est l’avenir de la femme (éd. Denoël)
Isa vient de sortir un numéro sexe 2007 avec une petite culotte rose. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Jalouse avait déjà sorti un numéro avec un vibromasseur. Chacun essaie de faire mieux que son voisin, mais côté cul. Un peu de créativité ne ferait pas de mal. Si un masculin avait osé offrir une petite culotte de femme, les Chiennes de garde auraient hurlé.
Dans votre livre, vous décrivez une presse en fin de règne. Pourtant, les ventes d’Isa ou de Glamour, par exemple sont excellentes !
Oui, mais à quel prix ? La fin de règne, pour moi, c’est cette uniformité des magazines, cette impression de copier-coller, ce manque d’audace. Sans audace et sans impertinence, on meurt.
Beaucoup de mags féminins s’appauvrissent en reportages…
La concurrence est exacerbée. Alors, au lieu de faire les excisées au Burundi, on assure les ventes avec le « spécial astro » de janvier.
Vous dénoncez le «machisme» des féminins !
Le mot d’ordre, c’est « sois sexy et consomme ». Au final, beaucoup de femmes ne se retrouvent dans aucun mag, ils leur tombent des mains, notamment à cause de leur côté virtuel.

C’est-à-dire?
On ne parle pas des vraies femmes. Les photos sont retouchées, passé 35 ans, on n’existe plus, et à les lire, on vit toutes dans un cocon, avec un boulot super, un mari génial, un joli corps, mais sans être obsédée par la minceur, hein… Alors qu’il y a beaucoup de pression sur les femmes aujourd’hui. Cela manque de générosité, d’authenticité. Ça sonne faux.
Dans un autre style, Jasmin, nouvel hebdo lancé par Axel Ganz, a du mal à trouver ses marques et un niveau de ventes suffisant.
Axel Ganz est un génie de la presse, mais peu de groupes savent faire du haut de gamme avec des grandes plumes, une qualité de photo. Là, je ne vois pas de grandes plumes… Et je ne comprends pas le concept.
Quels féminins vous semblent d’avenir ?
Muze, le féminin culturel de Bayard est enrichissant, surprenant. J’ai moi-même un projet pour les femmes de plus de 40 ans. L’idée : décomplexer la femme, donner des idées. Ne plus enjoliver à tout prix la réalité.
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