On les croise partout, dans les catalogues de la Redoute, les rayons du Printemps, les pages de journaux. Même si en réalité les sextoys ne se trouvent pas encore à tous les coins de rue ou alors il faut aimer les modèles (très) réalistes. Dans une boutique rue Saint-Denis, le seul spécimen que j’ai osé choisir sans rougir passe aisément pour un copain de Maya l’abeille (voir photo ci-dessous). Il n’y a pourtant pas de honte à avoir un sextoy. Les objets sexuels sont vieux comme le monde. “Les godemichés étaient même utilisés par les médecins à l’époque où on pensait que l’orgasme féminin aidait à avoir des enfants”, rappelle le docteur Laroque-Latour. Un soupçon de stérilité et hop une petite séance d’orgasme prescrite à la dame ! Devenu commercial, le jouet sexuel a aussi correspondu à une période où le féminisme proclamait que nous n’avions pas besoin des hommes pour jouir. “Ce qui techniquement est vrai, admet le sexologue, tout comme les hommes n’ont pas besoin des femmes”.

Le petit canard de Sonia Rykiel est certes un moyen d’explorer son corps, mais “il ne peut en aucun cas servir de remède à la difficulté sexuelle”, prévient le Dr Laroque-Latour. En solitaire, “les enjeux, les sensations et les représentations de la sexualité sont différents. Et ce type de plaisir ne fait que compléter la relation à deux”, explique le spécialiste. Que les hommes se rassurent : le sexe en plastique rose taille XXL supervibrant n’est pas un rival. Seul bémol au sextoy : “le risque est d’alimenter le discours sur la performance à tout prix. Dans jouet sexuel il y a jeu, et c’est à ça qu’il peut servir, seul ou à deux”, conclut le sexologue. Et l’amour dans tout ça ? Réponse la semaine prochaine…
source : metro